Pâte de verre

Grande dame du verre artistique, la pâte de verre est souvent confondue avec le moulage ou casting.
Pourtant, même s'il existe une concordance des mises en œuvre, la pâte de verre possède une histoire antique et contemporaine ainsi qu'une réelle spécificité. C'est sans aucun doute la plus ancienne des techniques verrières. Egyptiens et Phéniciens en faisait des amulettes, bijoux et décors du mobilier funéraire.
Rapidement concurrencée par le soufflage, le technique de pâte de verre a peu à peu disparue. Vers la fin du XIX siècle, elle est remise à la mode par Henry Cros, sculpteur symboliste passionné d'archéologie. Ses recherches suscitèrent d'autres vocations bien accueillies par les frères Daum à Nancy.

La technique de la pâte de verre commence par la mise en place à froid de verre concassé ou broyé en poudre, dans des moules en matériaux réfractaires. Cette base est recuite vers 800°. Le verre pulvérisé mélangé à des éléments agglutinants peut être directement mis en place au pinceau dans des moules qui restent souvent ouverts, selon le procédé de l'estampage.
Les morceaux de verre concassé peuvent également être disposés dans un moule à la cire perdue ainsi que dans un réservoir qui le surplombe et s'écouler pendant la cuisson dans un espace ménagé. Différents grains de groisil de verre peuvent cohabiter, initiant différents états de matière qu'il est très difficile de maîtriser précisément. Mais l'aléatoire du mélange constitue le charme de la pâte de verre.
Pour les grosses pièces, le refroidissement, effectué dans le même four, est très long, pouvant durer jusqu'à plus d'une semaine, ce qui explique le prix de revient élevé et la modestie des dimensions des œuvres.